Coup de pied circulaire : frapper avec le tibia, ou le dessus du pied ?
Les coups de pied circulaires en boxe thaïlandaise se donnent avec le tibia (Na kaeng).
En Karaté, le Mawashi geri (coup de pied circulaire) peut se donner avec le tibia (sune), ou le dessus du pied (haisoku).
Le bol du pied (koshi) est également utilisé dans un contexte plus académique. Il est utilisé essentiellement pour briser les côtes, lors d’un coup percutant uniquement (pas de coup fouetté). La fragilité de la position des orteils relevés est un inconvénient. Cela demande une précision accrue, difficilement gérable en cas d’échec. L’allonge est plus réduite au visage. Pour ma part, je le proscris.
Coup de pied circulaire sauté
Bien que ces trois manières existent dans l’arsenal technique de tous les styles de Karaté, leur usage peut différer selon le contexte, ou les habitudes de l’école (ryu). Deux exemples :
Le style Kyokushin utilise plus largement le tibia soit pour bloquer ou frapper en percussion, exactement comme en boxe thaïlandaise.
Le dessus du pied est plus répandu dans l’école Shotokan. Il peut être utilisé en percutant ou en fouettant.
Des études scientifiques ont été réalisées avec des capteurs sensoriels sur des cibles. Le poids mi-lourds de l’UFC, Brandon Vera a testé les deux manières.
Le coup de pied circulaire avec le dessus du pied a généré au niveau de la cible, une décélération correspondant à 66 « G », contre 80 "G" pour le même coup donné avec le tibia, soit une accélération de 21% plus élevée, et produit un impact de 2600 livres, soit presque 1200 Kg.
En revanche, le coup donné avec le dessus du pied a été 27% plus rapide, sans parler du gain en allonge.
Coup de pied circulaire
Il faut savoir qu’un pilote de chasse rompu à la centrifugeuse, ne dépasse généralement pas les 9 « G » à l’entraînement (limitation électronique de l’avion).
Une accélération positive ou négative de plus de 10 « Gy » (accélération latérale) peut facilement entraîner la mort par rupture des cervicales. Cela dépend également de la durée, ainsi des expériences ont démontré que des personnes soumises à de courtes accélérations latérales ont pu résister à +60 « G » sans blessures.
Il est ainsi difficile de connaître à l’avance le seuil de tolérance de votre adversaire.
C’est à vous de jauger quel facteur de la puissance ou de la rapidité est à privilégier.
Vincent Sillig